Terre de légendes

La légende de l'étang du Pont

Il y a très longtemps vivait au lieu-dit Créac'h Pont une petite Mamm Goz qui par un temps d'hiver épouvantable accueillit chez elle une mendiante. Elle la réchauffa en lui séchant ses habits et en lui proposant une bonne soupe bien chaude. La mendiante ragaillardie lui promit qu'en récompense elle ferait toute la journée ce qu'elle aurait fait le matin en se réveillant. La bonne petite vieille se promit de compter ses quelques pièces d'argent dès son réveil. Au petit matin cependant elle s'oublia un peu au saut du lit et fit son petit pipi tant et si bien que cela dura toute la journée et c'est ainsi que l'étang du pont naquît!

Les seigneurs de Kerivoas, Kerisquillien et la chapelle St Egarec

La Chapelle St Egarec abrite le tombeau des seigneurs de Kerivoas et de Kerisquillien. Tous deux avaient bâti leur somptueux manoir sur la commune et un souterrain leur permettait d’aller d’un manoir à l’autre. L’entrée de ce souterrain se trouverait dans la fontaine de St Hervé et son loup située en contrebas de la chapelle. Cette fontaine possède d’ailleurs la vertu miraculeuse de soigner les maux de l’oreille. Il suffit de tremper une pièce dans l’eau, de l’appliquer sur la région malade et de laisser la pièce sur l’autel de la chapelle.

La légende des naufrageurs

Comme on peut le voir, la côte kerlouanaise possède énormément de plates-formes à écueils. Les naufrages ont été si nombreux et tragiques que des soupçons sont nés dans l’imaginaire des gens, qui ont pensé que ces naufrages avaient été occasionnés par des pagans mal intentionnés qui promenaient la nuit une vache sur la dune, ce qui donnait l’impression qu’un bateau mouillait tranquillement dans une crique. Cela aurait attiré les bateaux vers la côte ou ils s’échouaient irrémédiablement. Il faut dire que les pêcheurs du pays pagan pouvaient paraître terrifiants aux yeux des gens de bonne foi avec leur kalaboussen et leurs habits de pêche.

La légende du chevalier Bran

raconte le souvenir d’un combat livré au 10ème siècle par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille à Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit « chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter ! Voici la ballade qui compte sa mésaventure

Bran ou le Prisonnier de Guerre

I

« Le chevalier BRAN a été blessé, car il s’est trouvé au combat de Kerlouan
Au combat de Kerlouan au bord de la mer, a été blessé le petit-fils de Bran le Grand
Malgré notre victoire, il a été fait prisonnier et emmené au-delà des mers.
Au-delà des mers quand il arriva, enfermé dans une tour il pleura.
Ma famille tressaille et pousse des cris, et je suis sur mon lit, hélas
Je voudrais trouver un messager qui portât une lettre à ma mère.
Le messager trouvé, le guerrier lui donna ses ordres :
Prends un autre habit, Messager, l’habit d’un mendiant, par précaution
Et emporte ma bague, ma bague d’or, qui te fera reconnaître.
Quand tu seras arrivé dans mon pays, tu la montreras à Madame ma Mère
Et si Madame ma Mère vient pour me racheter, Messager, tu déploieras un pavillon blanc ;
Et si elle ne vient pas hélas … tu déploieras un pavillon noir.

II

Quand le messager arriva au pays de Léon, la dame était à souper.
Elle était à table avec sa famille, les joueurs de harpe à leur poste.
Bonjour à vous, Dame de ce château, voici l’anneau d’or de votre fils Bran ;
Son anneau d’or et une lettre : il faut la lire, la lire vite.
Joueurs de Harpe, cessez de jouer, j’ai un grand chagrin dans le cœur ;
Cessez de jouer, joueurs de harpe, mon fils est prisonnier, et je n’en savais rien …
Qu’on m’équipe un vaisseau ce soir, que je passe la mer demain.

III

Le lendemain, le seigneur Bran demandait de son lit : Sentinelle,
Sentinelle, dites-moi ne voyez vous venir aucun navire ?
Seigneur chevalier, je ne vois que la grande mer et que le ciel.
Le seigneur Bran demanda encore à la sentinelle, à midi :
Sentinelle, sentinelle, dites-moi, ne voyez vous venir aucun navire ?
Seigneur chevalier, je ne vois que les oiseaux de mer qui volent.
Le seigneur Bran demanda à la sentinelle le soir :
Sentinelle, sentinelle, dites-moi, ne voyez vous venir aucun navire ?
A ces mots, la sentinelle perfide, sourit d’un air méchant.
Je vois au loin, bien loin un navire battu par les vents.
Et que pavillon, dites vite … Est-il noir, est-il blanc ?
Seigneur Chevalier, d’après ce que je vois, il est noir, je le jure par la rouge braise du feu …
Quand le malheureux chevalier entendit ces paroles, il ne dit plus rien ;
Il détourna son visage pâle et commença à trembler la fièvre.

IV

Or la Dame demandait aux gens de la ville en abordant :
Qu’y-a-t-il de nouveau céans, que j’entends les cloches sonner ?
Un vieillard répondit à la dame, quand il l’entendit :
Un chevalier prisonnier, que nous avions ici, est mort cette nuit.
Il avait à peine fini de parler, que la dame montait à la tour,
En courant, en fondant en larmes, ses cheveux blancs épars ;
Si bien que les gens de la ville étaient étonnés, très étonnés de la voir,
De voir une dame étrangère mener un tel deuil par les rues,
Si bien que chacun se demandait : Quelle est celle-ci et de quel pays ?
La pauvre dame dit au portier, en arrivant au pied de la tour :
Ouvre vite, ouvre-moi la porte … Mon fils, mon fils … que je le vois …
Quand la grande porte fut ouverte, elle se jeta sur le corps de son fils.
Elle le serra entre ses bras, et ne se releva plus.

V

Sur le champ de bataille, à Kerlouan, il y a un chêne qui domine le rivage,
Il y a un chêne au lieu où les Saxons prirent la fuite devant la face d’Even le Grand.
Sur ce chêne, quand brille la lune, chaque nuit, des oiseaux s’assemblent ;
Des oiseaux de mer, au plumage blanc et noir, une petite tâche de sang au front.
Avec eux, une vieille corneille grisonnante, avec elle un jeune corbeau.
Ils sont bien las, tous deux, et leurs ailes sont mouillées ;
Ils viennent de par delà les mers, de loin.
Et les oiseaux chantent un chant si beau, que la grande mer fait silence.
Ce chant-là, ils le chantent tous d’une voix, à l’exception de la corneille et du corbeau.
Or le corbeau a dit : Chantez, petits oiseaux, chantez,
chantez, petits oiseaux du pays vous n’êtes pas morts loin de la Bretagne.

Les moines voyageurs

En l’an 477, débarquèrent à Kerlouan 70 moines itinérants provenant de Grande Bretagne et cherchant un lieu où ils pourraient installer leur ermitage. Parmi eux, Saint Sezni, Saint Egarec et Saint Brévalaire. Ils arrivèrent au Lerret et bâtirent ce lieu qui fut appelé « Penity San Sezny » avant de devenir une chapelle. Afin de délimiter son territoire il aurait pris un marteau qu’il lança après l’avoir fait tournoyer. Ce marteau frappa un rocher de l’autre coté de l’anse ou l’on peut encore en voir la trace. Saint Sezny partit donc s’installer à Guissény et Saint Brévalaire devint le saint patron de la commune.